Et voilà comment les investisseurs jugent le deal Monsanto/Bayer

Cela fait seulement quelques jours depuis l’annonce de l’acquisition de Monsanto de la part de l’allemande Bayer pour $66bn (dette inclus; 44% prime), un deal qui transforme en fait le groupe de Leverkusen dans le plus grand producteur de semences et pesticides au monde et qui, très probablement, met en second plan la partie pharmaceutique du groupe, qui comptera un peu moins de 50% (€23bn) du chiffre d’affaires total (€47bn). L’annonce a provoqué du scepticisme dans le marché sur différents niveaux; les investisseurs sont inquiets pour le niveau d’endettement (€17bn en 2015) que le groupe aura, après avoir achevé le deal, même si Bayer paiera un intérêt proche de zéro de l’emprunt. Les écologistes se sont exprimés contre l’acquisition pour le scandale glyphosate et les associations des agriculteurs sont inquiètes pour le fait que la position presque dominante du nouveau groupe entraînera à une augmentation des prix pour les semences et pesticides. Le scepticisme s’est traduit par une chute, toute de suite après l’annonce, de 2.3% du prix du titre Bayer (Francfort), qui a en fait perdu presque 8% depuis le début des négociations en mai. Selon beaucoup de monde pour financier l’acquisition, Bayer devra vendre une grande partie de sa participation en Covestro (64%) et d’autres business non core, comme par exemple la division dermatologique, qui pourrait apporter dans les caisses de Bayer probablement un milliard d’euro. Un aspect qui a été abordé seulement de manière marginale par la presse spécialisée est celui de l’intégration de Monsanto dans le système Bayer. Selon beaucoup d’analystes il y a un danger concret, c’est-à-dire que les profondes différences dans la culture d’entreprise de deux groupes peuvent conduire à un échec du merger, comme il s’est passé avec l’autre grande acquisition de l’entreprise allemande, le deal de €39bn entre Daimler et Crysler, signé en 1998. (Source Handelsblatt, Wirtschaftswoche, WSJ)