Le défi de la génétique: créer un nouvel ADN

Le chercheur Floyd Romesberg a surpris la communauté scientifique pendant des années avec de nouveaux résultats, en partant de l’idée d’élargir l’alphabet du génome humain avec deux nouvelles lettres. En effet, comme il est connu, le patrimoine génétique de chaque être humain est contenu dans l’ADN, une structure complexe à double hélice résultant de la combinaison de seulement 4 acides aminés: A (adénine), C (cytosine), T (thiamine) et G (guanine). L’équipe de F. Romesberg en 2013 a réussi à inclure deux nouvelles bases – X et Y – à une culture d’Escherichia Coli. La recherche a été menée dans les laboratoires du Scrip Research Campus, à La Jola, en Californie. Ses résultats ont suscité un vif intérêt au sein de la communauté scientifique et même à l’extérieur (il suffit de considérer le discours TEDMED tenu par le Dr Romesberg en 2015). Il est important de noter que les organismes à base d’ADN à 6 bases ne peuvent pas se multiplier en dehors d’une culture de bases X et Y.

Les chercheurs ont ensuite été confrontés au défi suivant: déterminer si le nouvel ADN pourrait générer de nouvelles protéines, avec de nouveaux usages potentiels. L’équipe de Romesberg a récemment publié deux articles (JACS) montrant que le nouvel ADN avait amené l’ARN mitochondrial à créer de nouveaux précurseurs de protéines.

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Romesberg a fondé une biotech, Synthorx, qui vise à créer de nouveaux médicaments à partir de cellules à ADN élargi. Le premier objectif de ce projet est de créer une version moins toxique et plus efficace du médicament anticancéreux interleukine-2. Synthorx était cotée il y a moins de 40 jours (NASDAQ) et ses actions ont déjà augmenté de 16% après son introduction en bourse. La société a actuellement une capitalisation de 463 millions de dollars et pourrait devenir une cible d’acquisition principale pour les grandes sociétés pharmaceutiques.